Bruits et couleurs de la nuit

Fruit tree by night

C’était l’une de ces chaudes soirées d’été. Sûrement l’une de celles un peu trop arrosées. Jim, 21 ans, cheveux noirs, un grand gaillard assez mystérieux était en train de rentrer chez lui. Il devait être minuit. Ou peut-être une heure. Ou bien deux…

Dans son esprit vacillait encore ces lumières de la ville, endiablées. Du rouge, du jaune, des couleurs chaudes, des tâches, des traits… des traits verts, puis bleus… des ombres, grandes, gigantesques et sombres dansant le long des murs… mais il ne savait même plus vraiment à quoi elles ressemblaient… par moment, il avait des flashs dans sa tête, des fractions de seconde, mais un instant plus tard, tout avait disparu !

Il s’était assis sur le banc de l’arrêt de bus. Il était seul. À cet endroit de la ville, c’était calme. Et pourtant dans sa tête, c’était une véritable cacophonie, un vacarme assourdissant ! Des sons sourds… de temps à autre, une note stridente, des bruits de cris, et… c’était insupportable !

Il prit sa tête entre ses mains pour essayer de se concentrer, de tenter d’oublier ce coup de massue à l’arrière de son crâne, mais à ce moment, le bus arriva. Il était vide. Jim rentra dedans. Il demanda au conducteur, dans un dernier souffle, de s’arrêter à l’arrêt Les Prés. Le chauffeur passa sa main devant son nez, comme si l’haleine alcoolisée de Jim le dérangeait, et acquiesça. Jim s’assit dans le fond. Puis… rien… noir… puis… une voix grave : « Monsieur ! On est aux Prés. »

Il cligna des yeux, à plusieurs reprises, tentant de sortir de cet état de somnolence, de reprendre ses esprits. « Oh… oui… le bus… » Sa bouche était pâteuse. Il avait soif. Il se leva. « Merci ! » Et descendit du bus. L’arrêt était à deux minutes à pied de sa maison.

Arrivé devant sa porte, il enfonça sa clef dans la serrure. Enfin chez lui ! Il enleva sa veste et la jeta sur le canapé, puis il commença à monter l’escalier pour se rendre dans sa chambre. Il n’avait qu’une envie : dormir. L’état d’engourdissement de ces membres était un peu plus présent à chaque instant. Désormais, il sentait à peine ses pieds et ses mains…

C’est alors qu’il entendit un bruit étrange. Dans le flou de son esprit, il chercha… mais non… cela ne ressemblait à rien qu’il ne connaissait. Quoi que… Si… Il avait déjà entendu ce son quelque part… mais où ? Il avait beau chercher, il ne trouvait pas… le temps lui paraissait long, très long… les minutes devenaient des heures… en réalité, seulement quelques secondes s’étaient écoulées depuis le début de sa réflexion… Le bruit recommença. Il eut alors un flash : un coup de feu ! Oui ! C’était un coup de feu ! Il rassembla ses dernières forces pour atteindre le porche de sa maison, afin d’examiner de plus près ce bruit qui avait perturbé le calme de la nuit. Il scruta dans le lointain. Rien. Seulement ces feux multicolores qui dansaient devant lui. Il leva les yeux vers le ciel. C’était une nuit sans lune, il ne pouvait rien voir !

Il se demanda alors qui pouvait bien tirer un coup de feu dans ce trou perdu ! C’était loin de la ville et d’ordinaire, il ne s’y passait que peu de chose… Le calme était revenu. Seuls les habituels bruits de la nuit restaient. Il s’interrogeait alors : avait-il rêvé ? Ce coup de feu, simple impression de son imagination ? Nul ne le sait… Jim s’était à nouveau endormi, sur le porche de sa maison…

Un matin pas comme les autres

Silhouettes d'arbres sur fond de montagnes

Et la sonnerie de mon réveil qui m’a réveillée en sursaut,
Et les draps désordonnés sur mon être dénudé,
Et mes pantoufles inhabituellement alignées au pied de mon lit désorganisé,
Et la porte de la salle de bains qui était restée ouverte,
Puis l’eau qui ne voulait pas couler chaude,
Et mes cheveux anormalement en pagaille,
Et l’eau qui coulait froide…
Et mes vêtements qui s’étaient mélangés sans que je ne sache lesquels porter,
Et mes cheveux qui ne voulaient se discipliner,
Et mon visage avec des signes d’espoir
Lorsque je le vis dans le miroir :
Pas de cernes, il était apaisé, reposé,
Et la lumière qui frappait
De mon œil, l’iris bleuté,
Et lui qui la renvoyait,
Transparent, impassible : une telle beauté !

Et dans la cuisine, un parfum d’été,
Un parfum d’enfance, de fruits séchés,
L’air était tout de même frisquet,
Mais le poncho sur mes épaules complaît ce manque de chaleur
Humaine, quand tout à coup, je sentis un frisson de peur…
Simplement les tartines dorées,
Qui du grille-pain, venaient de sauter !
Légère odeur de brûlé, de cramé,
Rassurante dans cet élan de stupidité…
Solitude et isolement dans ce coin reculé,
Où étaient-ils tous passés ?
Et la bouilloire sifflant sur son support,
Et le chien de la voisine qui ne cessait de gueuler,
Et moi qui, penchée sur ma tasse de thé,
Dans laquelle le ciel nuageux se reflétait,
Ne cessais de rêvasser, de penser, de songer…
Puis le goût de la confiture de fraises de ma grand-mère,
Et le crissement de ma tartine lorsque j’ai croqué dedans à pleines dents,
Et le bruissement de la brosse à dents qui grinçait sur mes dents lorsque je les ai brossées.

Et le chien de cette voisine qui toujours aboyait,
Tandis qu’une multitude d’oiseaux chantaient,
Et chaque son qui était amplifié,
Et chaque sensation qui était décuplée,
(Surtout une fois la porte entrebâillée)
Et l’odeur d’herbe fraîchement coupée,
Et le vent qui faisait bruisser les feuillages des arbres,
Et le vent qui sans prévenir me gifla violemment,
Comme pour me rappeler à la réalité,
Et le cliquetis de mes clefs,
Lorsque je m’en saisis pour les ranger,
Dernier élément, presque sacré : le nœud de mes lacets.
Maintenant tout était prêt…

Et mon sac étrangement léger,
Tout comme mes pas, qui claquaient sur le gravier du sol mouillé,
La terre avait changé : n’y avait-il plus de gravité ?
Et le chien qui courut vers moi,
Et moi qui le grattouilla entre ses deux oreilles,
Et le chien qui repartit,
Et moi qui restais seule,
Et moi continuant ma route,
À travers champs et forêts,
Juste histoire d’oublier,
Histoire d’oublier ce passé,
Ce passé qui de toute manière ne pourra jamais mener
À rien…

Et le sourire qui illumina mon visage lorsque je l’aperçus
À sa fenêtre me jetant un regard étonné,
Et moi qui rougissais,
Et moi qui n’osais rien avouer,
Sourire rare, précieux, difficile à percevoir auparavant,
Difficile à percevoir sur un être introverti et renfermé,
Mais il fut de courte durée,
Car presque l’ignorant, je tournai ma tête,
Pour me diriger vers ce point sur l’horizon,
Celui qu’au bout d’un long chemin j’atteindrai,
Car c’est celui de la dignité
Car c’est celui que j’attendais depuis une si longue éternité,
Car
Ce matin n’était pas comme les autres,
Je décidai qu’une nouvelle vie commençait,
Seulement avec moi, ma personne et mon sac,
Seulement avec ma tête, mes mains et mes pieds,
Seulement avec les modestes éléments que j’emportai.
Et pourtant, déjà un sentiment de liberté,
Malgré cette petite épine plantée
Au plus profond de mon cœur
Qui tend à me rappeler
Rancœur, malheurs et petits bonheurs,
De ces temps passés
Et si vite oubliés

La parole poétique comme…

Lumière dans l'œil

La parole poétique comme guide vers les étoiles, qui illumine ma vie et me montre la voie, la voie de mon destin, celle qui devrait être suivie par moi et par tous ceux qui, comme moi ne savent plus où aller, où ne pas aller et de la nécessité d’avancer.
La parole poétique comme chemin vers la dignité, pour m’élever dans la société sans réellement m’en vanter, comme quelqu’un qui me prendrait la main pour m’aider, petit-à-petit, sans forcer et qui par là aiderait les autres à avancer.
La parole poétique, enfin, comme passage vers un autre monde… Un monde comme il me plairait, où tout ne serait que paix. Douce sonorité à mes oreilles, perdue au fond de mes pensées… Une larme se forme et commence à couler, doucement, sans se presser, sur mon visage apaisé. Un jour, elle permettra de me libérer, de libérer le monde, un monde imparfaitement parfait dans lequel je vis cachée. Avec pour seul espoir ces quelques lueurs surgissant de la nuit noire, comme mon désespoir.

L’homme au bonnet

L'homme au bonnet

Cela faisait environ un quart d’heure que j’étais assis sur ce banc. Comme à mon habitude, je regardais les passants en griffonnant de temps à un autre sur un petit carnet à la couverture noire. Parfois, je tournais légèrement la tête vers la gauche pour vérifier que mon bonnet était toujours posé à côté de moi et que mes gants noirs trônaient toujours au-dessus de lui.

Aujourd’hui, je m’étais installé face à un immeuble. La rue était plutôt passante. Nombre de voitures l’empruntaient, dont notamment ces fameux taxis noirs. J’avais fait le croquis de l’un d’entre eux.

Il y avait trop de neige pour que les gens sortent de chez eux. Mais les hommes d’affaires étaient tout de même au rendez-vous. Ils portaient pour la plupart des costumes noirs, une chemise blanche et une cravate noire au nœud bien ajusté. Ils marchaient avec une grande fierté. Certains portaient un parapluie noir sous le bras.

Un arrêt de bus se situait sur la droite de mon champ de vision. Un homme avec un béret noir s’y tenait debout. Il lisait un journal au travers de ses lunettes de soleil. À gauche, au coin de la rue, se trouvait un pub. Le ciel était blanc. Il allait sûrement neiger à nouveau.

Tout à coup, un homme descendit de l’immeuble en courant. Il retint un sanglot, puis s’effondra sur ses genoux. Sa chemise blanche et ses mains étaient tachées de sang. Il prit sa tête entre ses mains et commença à pleurer. Ses larmes tachées de sang teignaient la neige d’une couleur rougeâtre qui contrastait avec les couleurs monochromes de la ville.

Personne ne réagissait. Les passants continuaient leur route sans lui prêter attention. C’était étrange. Cet homme n’était pas vraiment le genre d’homme qui pleure. Je n’aurais pas cru cela de lui. D’ordinaire, il ressemblait à ces passants. Froid et avec un orgueil démesuré, trop fier pour être vrai…

On entendit des éclats de voix venant du pub. Sûrement une bagarre qui venait d’éclater…

Il fallait finir la mission. Je rangeai le carnet dans la poche droite de mon blouson. Je me saisis des gants, puis les plaçai dans une même poche. Je posai mon bonnet sur ma tête, puis tirai la fermeture éclair du blouson.

Je me levai, puis jetai un regard à l’arrêt de bus. L’homme au béret était toujours là. Il fumait  un cigare.

Je lui tournai le dos pour me diriger vers le passage piéton et traverser la rue. Je m’approchai de l’homme agenouillé sur le sol et m’accroupis auprès de lui, sans un mot.

Je posais ma main droite sur son dos, tout en glissant ma main gauche dans la poche de mon blouson. Là, se trouvait un couteau. Sa lame était d’une fraîcheur glaciale, mais rassurante. Je regardai les grands yeux noirs de l’homme. Ils brillaient, comme s’il me suppliait. Il avait compris.

J’hésitai un instant. Je jetai un regard sur la droite. L’homme de l’arrêt de bus me fit signe et me rappela à mon devoir. Je ramenai ma main gauche de la lame sur le manche avant de sortir le couteau de ma poche. Mes doigts s’étaient crispés sur le manche. Je fermai mes yeux en enfonçant la lame dans la poitrine de l’homme, n’osant affronter ce que je venais de faire.

Lorsque j’eus fini, je me relevai, puis partis en tournant le dos à l’homme de l’arrêt de bus. Mon œil droit s’humidifia, puis une larme coula. Elle longea l’aile droite de mon nez avant d’arriver à la commissure de mes lèvres. Je sentis alors sa saveur salée. Elle avait un goût particulier.

Malle à souvenirs

Poussière d'écriture

Rangement du grenier, vieille malle en bois, œil intrigué… Curiosité indiscrète : je dois ouvrir l’objet de mes désirs. Crainte inexpliquée mêlée d’une curiosité dévorante… À l’intérieur : amoncellement de livres à n’en plus finir ! Curiosité insatisfaite : je m’empare de l’un des livres. Mon cœur palpite. Je caresse sa couverture du bout des doigts : douceur et souplesse d’un cuir vieilli se font ressentir. Sens en exaltation. Je feuillette les pages, elles défilent une à une sous mon pouce. J’hume son parfum : il exhale les senteurs du passé. Quelques notes boisées se détachent auxquelles se joignent rapidement les senteurs de benjoin du papier d’Arménie. Sur la couverture gît en lettres d’or : « L’île mystérieuse – Jules Verne ». Goût d’aventure. Envie de voyages. Je repose le roman et m’empare d’un deuxième ouvrage. À chaque nouveau livre, une nouvelle aventure… Je commence à le feuilleter : bruit des pages qu’on tourne, papier froissé. C’est un livre de cuisine. Souvenirs… longues après-midis passées à cuisiner chez mémé, batailles de farine, rires et sourires de gamins émerveillés… tartes au sucre, brioches, gaufrettes… et puis le mardi, jour de marché, bifteck de cheval et frites… Je repose le livre, ferme la malle et avec elle le passé, mon passé… Je contemple un instant cette malle à souvenirs… Légère émotion, mélancolie rêveuse…

Vous pouvez retrouver la photo  sur mon compte Instagram.

Feu de cheminée

Au coin du feu

Matinée hivernale, enfermée dans la maison, cloîtrée… Le feu dans la cheminée danse et me rappelle à ces souvenirs d’été. Plage de sable doré, chaleur à en étouffer, envie de s’évader… L’azur du ciel et l’eau turquoise s’enchaînent et se complètent jusqu’à ne faire plus qu’un. La nuit commence à tomber, le ciel s’assombrit mais reste illuminé de mille feux. Lueur orangée d’un soleil d’été tombant sur une plage abandonnée. Douce impression de solitude, légère peur qui commence à monter… Je sens les poils de mon épine dorsale se hérisser. Douce chaleur rassurante du feu que je viens d’allumer. Les étoiles apparaissent, une à une, sans un bruit… symbole de milliers de civilisations oubliées… Bruit incessant des vagues, chaleur engourdissante : mes paupières vacillent… Fatigue d’une journée passée à baguenauder… Grondement surprenant, grondement paraissant lointain, quel grondement ? Grondement d’une bûche dans la cheminée. Mes paupières se rouvrent et tout devient distinct : retour à la réalité après s’être autorisé un instant de rêverie, un instant de répit…

La photo est issue de mon compte Instagram.

Maintenant, les flics vont savoir où le trouver

Escaliers de service - New York

« Merde !Tu aurais dû être mieux informé ! Maintenant, les flics vont savoir où le trouver… »

Je viens de me réveiller en sursaut. Ces mots sont les premières paroles que j’entends. Elles sont suivies de deux coups de feu assourdissants, puis c’est le silence. Cela venait de la chambre du dessous. Je me tourne vers mon réveil. Il affiche 6h37.

Les premières lueurs du jour pointent le bout de leur nez dans mon petit appartement de 10 m2 de la banlieue new-yorkaise. Un quartier qui craint, comme certains disent. Pourtant, moi, je m’y sens bien. Certains pensent que ce n’est pas du grand luxe, mais c’est mon cocon : petit, mais avec le strict nécessaire pour une vie confortable.

Je me suis levée, j’ai rapidement mis un jean et un t-shirt blanc, puis j’ai enfilé une paire de baskets rouges.

Ici, les disputes sont habituelles, les coups de feu le sont tout de même moins…

L’occupant de la chambre du dessous s’appelle Malik. Un bon petit gars d’une vingtaine d’années originaire d’Algérie. C’est l’un de mes potes. On va souvent au skate-park devant l’immeuble ensemble.

Je viens d’arriver devant sa chambre. La porte est entrouverte. On dirait qu’elle a été forcée. J’entre, et sur le sol, gît Malik, couvert de sang. Je m’approche de lui. Un léger souffle sort de sa bouche entrouverte. Il n’est pas mort !

Je me saisis alors d’un drap qui traîne pour faire un point de compression sur sa blessure comme je l’ai vaguement appris pendant une formation au secourisme. Maintenant, les flics vont savoir où le trouver… Mon père m’avait toujours dit de retenir ce numéro, en cas d’urgence… Il avait raison !

Je suis sous le choc. Elles sont suivies de deux coups de feu assourdissants, puis c’est le silence. Quoi que… Ces derniers temps, il avait changé… Il était devenu plus distant…

Qu’est-ce qu’il avait bien pu faire ? Il aurait dû être mieux informé à quel sujet ? Les flics vont savoir où trouver quoi ? Tant de questions se bousculent dans ma tête, et pourtant, je dois garder mon calme. Il a toujours ce faible souffle de vie en lui. Ce n’est pas grand chose, mais ce sera peut-être suffisant. J’ouvre rapidement la fenêtre du balcon pour avoir un peu plus d’air, puis je reviens auprès de Malik, pour maintenir la pression sur sa plaie.

C’est alors que les lèvres de Malik commencent à remuer. J’approche mon oreille droite près d’elles, et il murmure :
« Tu te rappelles ? Basho, ce qu’il disait ? Il disait : Rien ne dit
dans le chant de la cigale
qu’elle est près de sa fin. »

Il s’arrête un instant, puis il reprend, avec un soupçon d’inquiétude à peine perceptible :
« Derrière… ».

Je me retourne. Dans l’encadrement de la porte se tient un homme blanc à la stature imposante. Je m’en fais une rapide description : une quarantaine d’années, cheveux gris, yeux bleus, en costume… Ce n’est pas vraiment le genre de gars avec qui j’irai traîner, c’est plutôt le genre qui fait froid dans le dos…

J’aperçois alors un reflet sur un mur… le reflet d’une arme.

Je réfléchis un quart de seconde et je décide de prendre la fuite. Je me rue à travers la fenêtre du balcon ouverte et j’atterris sur l’escalier de service. Au moins, je me rends compte que les entraînements de muscu n’étaient pas inutiles.

L’autre me prend en chasse. Je commence à dévaler l’escalier en courant lorsqu’il me crie : « Eh ! Crâne d’œuf ! C’est est fini pour toi, le black ! ». Un coup de feu part. C’en était fini.

apologue romanesque à Lille

Lille - Grand place
la grand place de Lille
la grand place de Lille

Camille et son grand-père, Léon, venaient de sortir du métro à Lille-Europe. Ils descendaient les escalators. Un léger brouillard planait dans la fraîcheur hivernale de cette matinée de novembre. Léon avait revêtu sa chemise à carreaux et son béret brun. Il portait un regard bienveillant sur sa petite-fille : il l’aimait plus que tout au monde. Léon s’assit sur un banc. Camille resta debout, elle serra sa main. Ils commencèrent à donner du pain aux pigeons. Tout à coup, Camille se tourna vers son grand-père et s’assit sur ses genoux. Elle ouvrit ses grands yeux bleus brillants et commença à parler :

– Dis Papi, c’était comment avant ?
– Comment ça ? Qu’est-ce qui était comment ?
– Lille, la ville ?
– C’était plus petit…
– Oui, mais ça ressemblait à quoi ? Et les gens qui habitaient ici, ils étaient comment ?
– Tu es bien curieuse pour une petite fille de 8 ans… Suis-moi, je vais te montrer quelques petites merveilles conservées du passé !

Ils se levèrent, Camille glissa sa main frêle dans celle de son grand-père. Ils passèrent devant les tulipes géantes aux couleurs vives délavées, telles un symbole de la laideur et de la monstruosité des grandes villes de notre époque. Ils continuèrent leur route vers le centre commercial Euralille, puis remontèrent le viaduc Le Corbusier. Comme à leur habitude, les drapeaux claquaient dans le vent.

– Tu vois, le vent qui souffle, on l’appelle la bise… expliqua Léon à sa petite-fille
– Parce que le vent aussi fait des bisous ?

Léon ria dans sa barbe, sans répondre. Tout en continuant leur chemin, ils arrivèrent dans la rue du Faubourg de Roubaix. Il régnait, dans cette rue, un sentiment de malaise et d’angoisse permanent. Maisons délabrées, squattées, puis murées… Tout avait l’air à l’abandon, pourtant certaines de ces maisons étaient encore habitées. Sur l’une d’elle se trouvait une banderole. On pouvait y lire, écrit de grosses lettres noires :  » Quelle utilité publique ? Habitant dégage ! Ici on aménage ! « . Camille questionna son grand-père :

– Dis Papi, on leur a fait quoi à ces gens ?
– Eh bien, vois-tu, on veut construire des immeubles à la place des habitations où ces gens logent. Aussi, ils doivent partir !
– Et ils vont où ?
– Ça, ils doivent se débrouiller.

Ils revinrent sur leurs pas et arrivèrent sur le parvis de la gare Lille-Europe. Le bruit incessant des voitures perturbait le calme ambiant. On apercevait la tour de Lille, plus communément appelée la botte.

Léon repris de sa voix grave :
– Tu vois, les choses modernes ne sont jamais finies… Cette botte, c’était censé être un carré…
– Mais Papi, comment ils vont faire les gens pour vivre dans des endroits où on enlève ce qui est ancien pour le remplacer par des choses à moitié finies ?
– Ils vont bien devoir s’y habituer… Tu sais, il y a quand même certaines choses qui sont bien avec les villes d’aujourd’hui. Et puis, on ne détruit pas tout, non plus…
Ils avaient continué leur route et étaient désormais en train de s’engager dans la rue Faidherbe. À mesure qu’ils se rapprochaient de la Grand-Place, une odeur d’antan, une odeur de gaufres à la cassonade se faisait de plus en plus forte. Léon en acheta une à Camille. Ils continuèrent leur périple et atteignirent enfin la place du Général de Gaulle dite la grand Place. Ils s’assirent au pied de la colonne de la déesse et regardaient en direction de la vieille bourse, le beffroi de la CCI en arrière-plan.

– Regarde cette merveille architecturale ! s’exclama Léon
– C’est vrai que c’est joli. Mais un jour, peut-être que ça aussi ça sera détruit…

Randonnée en montagne

Journée orageuse

Eléa s’était réveillé de bonne humeur ce matin : ses pieds dépassaient du drap et le soleil était venu poser quelques-uns de ses doux rayons dessus. Elle avait ouvert les yeux sur la photo de sa table de chevet : ses parents, sa sœur et elle lors de leurs dernières vacances au Maghreb (son père en était originaire). Après quelques étirements, elle enfila un sweat gris chiné puis descendit prendre son petit-déjeuner.

Elle commença par mettre la bouilloire sur le feu pour chauffer de l’eau, puis des tartines dans le grille-pain. Elle sortit la bouteille de jus d’orange du frigo, s’en servit un verre et regarda par la fenêtre en le buvant.

Des oiseaux jouaient dans la coupelle d’eau qu’elle avait laissée à leur disposition. Le soleil éclairait les sommets des Pyrénées qu’elle apercevait.

Elle se perdit dans ses pensées et fut interrompue par le sifflement de la bouilloire. Le pain était grillé. Elle s’assit, étala une fine couche de beurre demi-sel dessus et de la confiture de fraises sa grand-mère. Elle versa de l’eau bouillante dans son mug où un sachet de thé reposait paisiblement, puis commença à manger.

Après son petit-déjeuner, elle se rendit à la salle de bains. Elle commença par coiffer ses cheveux mi-longs légèrement ondulés. Leur couleur naturelle était magnifique : ils étaient châtains clairs, mais des mèches blondes se dispersaient par-ci par-là dans sa chevelure. Elle contempla ses grands yeux bruns et son bronzage dans le miroir au-dessus du lavabo. Elle finit sa toilette, puis redescendit au rez-de-chaussée de son chalet après avoir revêtu un short beige et un t-shirt de style surf bleu.

Elle avait décidé d’aller randonner aujourd’hui et demain. Elle connaissait un endroit où elle pourrait passer la nuit : le refuge  de Larry se situait à environ 25 km au sud de Laruns. Elle enfila ses chaussures de randonnée, se saisit de son sac à dos, dans lequel était présents tout ce dont elle avait besoin. Elle y ajouta juste de quoi pique-niquer et de quoi boire.

Elle quitta son chalet vers 9 h du matin et marcha pendant plusieurs heures. Vers midi Eléa trouva un tronc d’arbre renversé sur lequel s’asseoir pour manger. La matinée avait était agréable, le mardi matin, il n’y a pas grand monde sur les routes, surtout dans ce coin pommé… Elle marchait en forêt, ainsi les arbres la protégeaient du soleil et de la chaleur.

Elle reprit sa route après une grosse demie-heure de pause. Elle avait l’habitude de marcher et de se faufiler un peu partout : elle était mince, n’était pas très grande, mais avait un physique athlétique. Au fur et à mesure de l’après-midi, la chaleur augmenta, mais l’humidité aussi.

Vers la fin d’après-midi, des nuages noirs commencèrent à recouvrir le ciel. Heureusement, Eléa n’était désormais plus très loin du refuge. Le vent commença à monter en sifflant dans les arbres. Eléa pressa le pas. Il commençait à pleuvoir et le tonnerre se faisait parfois entendre.

Lorsqu’elle arriva au refuge, des éclairs commençaient à jaillir d’on ne sait où et la pluie s’abattait à grosses gouttes. Elle courut se réfugier à l’intérieur.

Elle s’assit en boule sur un lit en pressant ses genoux contre elle. Par la petite fenêtre qui éclairait le refuge, elle voyait un ciel noir zébré d’éclairs. Le tonnerre retentissait, le vent hurlait sa complainte funèbre et la pluie griffait la vitre. Elle n’eut même pas le courage d’allumer du feu pour se réchauffer et se sécher. Elle ne souhaitait juste une chose : que ce vacarme infernal cesse !

Journée orageuse
Journée orageuse

15 ans, comment j’apprends sur Internet

Ce 21 mai, j’ai été invité par l’AFFEN (L’Association Française pour la Formation en Entreprise et les usages Numériques, qui rassemble les Responsables formation, les Responsables ressources humaines, les Responsables du développement des compétences, et les Directeurs de la formation au sein des entreprises) pour effectuer une conférence sur mes façons d’apprendre grâce à Internet en général, avec un focus sur l’apprentissage des langues.

Cette présentation concernait aussi bien des matières scolaires comme l’anglais, les mathématiques, la géographie, les révisions du brevet… que des activités extra-scolaires à l’image du travail que je fais sur la guimbarde ou l’utilisation de SnapGuide pour la cuisine de mémé Moniq

Voici la présentation dont je me suis servi comme fil conducteur pour cette conférence sur comment une ados apprend sur Internet

et l’enregistrement de ma prestation sur mes apprentissages en ligne