Hector, Le preux

Je regardais par la fenêtre de ma chambre la forêt de Brocéliande, je trouvais cette forêt magnifique. Nous sommes au mois d’août. J’étais heureux, le lendemain, mon adoubement avait lieu.
Lorsque la cérémonie eut lieu, le roi Palamède, me chaussa l’éperon droit. Il s’est saisi de l’épée, me l’a remise et me donna l’accolade.
Je vais quand même me présenter :
On m’a appelé Hector le preux, je suis âgé de 25 ans. Mon suzerain fut le roi Palamède et mon ennemi se faisait appeler Harry l’ours noir (il a ce surnom, car il vit dans une grotte, comme les ours et noir, parce qu’il travaille pour les forces des ténèbres), il pouvait se transformer en dragon et avait un cheval s’appelant Éclair, un étalon noir très rapide.

Le roi me donna ma première mission. Je la refusai, car je n’avais pas encore de monture. Il se mit à rire :
« Mais, mon bon ami, c’est cela votre première mission.
-Je ne comprends pas.
-Eh bien, il faut que vous vous trouviez une monture, un fidèle destrier !
-Maintenant, je comprends ! »
Le lendemain, je décidai d’aller dans cette magnifique forêt de Brocéliande pour trouver ma monture. Nous étions maintenant en octobre, la forêt, ce matin là, était couverte de brume. J’avais comme un pressentiment : je trouverai facilement ma monture.
Une fois dans la forêt, le brouillard était épais, un brouillard à couper au couteau.
J’avançais doucement pour deux raisons : observer le paysage pour éviter de me perdre au retour et ne pas effrayer les animaux. Soudain, une silhouette apparut : un cheval, de loin, il me paraissait fougueux. Je lui courus après, l’approchai doucement et bondit dessus en l’attrapant par la crinière. Je fis tout ça sans même qu’il s’arrête.
Au bout d’un moment, je réussis à le guider. Ce cheval était intelligent, il apprenait vite !
Je commençais à avoir faim. Après cinq minutes à bonne allure sur mon destrier, j’aperçus une chaumière. Je ne l’avais pas remarquée à l’aller. Je frappais à la porte et un homme de mon âge ouvrit, il me paraissait sympathique. Il m’invita à sa table, le repas fut très bon : un poulet au vin et au verjus et une tarte au sucre.
Le jeune homme se prénommait Guillaume. Sa chaumière ressemblait à une antre de magicien. Après moult discussions, Guillaume m’avoua qu’il était magicien.
Je lui proposais de m’accompagner au château. Il accepta. Il monta sur mon destrier avec moi.
Une fois arrivé au château, je vis enfin mon cheval (dans la forêt, avec le brouillard, je ne distinguais pas bien les couleurs) : c’était un magnifique cheval alezan avec des balzanes noires. Je décidais de l’appeler Brocéliande, comme la forêt.
Une fois arrivé au château, je  présentai mon cheval et Guillaume au roi Palamède. Le suzerain me permit de le prendre à mon service.

Quelques jours plus tard, lorsque je regardais par ma fenêtre la forêt de Brocéliande, j’entendis des cris venant de l’autre côté de la rue. Ils disaient :
« Oyez, oyez, gente dame, galants messieurs, le roi offre la main de sa fille à quiconque la retrouvera. Elle a été enlevée par l’ours noir, il faudra donc retrouver sa demeure et rapporter la princesse Hélène en vie ! »
Cette nouvelle mission était faite pour moi ! J’annonçai au roi que j’allais en quête de sa fille. Il me souhaita du courage et de la réussite. J’allai chercher Guillaume pour qu’il m’accompagne. Brocéliande, Guillaume (en croupe) et moi avancions au galop. J’avais comme l’impression que Harry avait encore mit à exécution un de ses mauvais coups. Nous étions au mois de novembre et l’air frais nous frappait le visage jusqu’à nous écorcher. Après plusieurs heures sur Brocéliande nous arrivions devant un château taillé dans la roche (château troglodyte), plus précisément devant le pont-levis. Nous ne virent aucun garde sur le chemin de ronde. Le pont-levis fut ouvert facilement grâce à une formule magique de Guillaume qui est un excellent magicien, mais, qui, malheureusement, n’avais pas prévu que la herse, elle, était aussi fermée, comme si l’ours noir s’attendait à une attaque ! Cette histoire me semblait louche !
Nous nous sommes avancés sur le pont-levis, nous étions arrivés devant la herse et là … de l’huile bouillante arriva par le haut de la roche. J’entraînai rapidement Guillaume vers le pont-levis, mais il était refermé. Nous étions coincés entre la herse et le pont-levis. Je vis arriver Harry vers moi. Il me dit :
« Préfères-tu mourir tout de suite ou après un combat à mort ?
-Euh…
-Réponds !
-Ma décision est vite prise, après un combat à mort !
-D’accord, nous ferons ce combat dans sept jours, au moment où le soleil est au zénith.
-Cela me va.
-Tu passeras les sept jours précédent le combat au cachot ! Gardes, emmenez-le ! »
C’est à ce moment que je me suis retourné, je n’ai plus vu Guillaume. Mais, comme le pont-levis était troué, je me suis dit qu’il avait dû s’enfuir. Je ne savais pas si un jour j’allais le revoir.

Une fois dans le cachot, plein de questions se posaient dans ma tête :
« Reverrai-je un jour Guillaume ?
Où Harry a-t-il enfermé la princesse Hélène ?
Est-elle encore en vie ?
Le roi Palamède va t-il vraiment m’offrir la main de sa fille si je la retrouve et la sauve ? »
Soudain, à la porte du cachot, j’ouïs comme un bruit. L’ours noir est entré. Il m’annonça qu’il avait invité le roi Palamède et toute sa cour à ma « mise à mort ».
Il claqua la porte sans même m’en dire plus. Je regardais maintenant par la fenêtre, quand, soudain, la voix de Guillaume me parvint. Je me disais que c’était une illusion. Mais, la tête de Guillaume apparut à la fenêtre. Je n’y croyais pas, je devais rêver. Je me suis frotté les yeux et j’ai dit à haute voix :
« Pincez-moi, je rêve ! »
Mais ces sons me parûrent tout à fait réels. Je ne rêvais pas !
Guillaume était maintenant dans le cachot, avec moi. Il m’expliqua que grâce à ses pouvoirs magiques, il avait pu briser les barreaux sans un bruit. Guillaume m’avait apporté un repas constitué d’une pomme, une miche de pain et du lard, et pour boire, un pichet d’eau. Une fois que je fus rassasié, il me donna une couverture en peau de mouton et me dit qu’il reviendrait chaque jour le matin et le soir pour m’apporter de quoi manger. Il me souhaita une bonne nuit, me dit au revoir, s’en alla par le même chemin qu’il avait pris pour venir et prit soin de remettre bien à leur place les barreaux grâce à une nouvelle formule magique. Sacré Guillaume !

Chaque jour, les mêmes choses se passaient : je me réveillais, Guillaume m’apportait de quoi manger et emportait ma couverture de la nuit précédente, je faisais un brin de toilette, je mangeais, durant la fin de la matinée, je ne pensais qu’à une seule choses : Quelle tactique utiliserais-je pour délivrer la princesse ?,  je déjeunais ce que Harry m’offrait (le plus souvent, du pain sec et de l’eau), je m’entraînais à combattre tout l’après-midi, je faisais un brin de toilette, Guillaume me rapportait de quoi manger et m’apportait ma couverture, je dînais et je m’endormais pour finir la journée.

Plus le jour et l’heure du combat approchaient, plus je l’appréhendais.
Et enfin, l’heure de vérité arriva.
Je me suis équipé d’une cotte de maille, d’une armure, d’un heaume..
Guillaume et le roi Palamède étaient présents.

Lors du combat, les épées claquaient. Harry avait un coeur de pierre, mais je ne me décourageais pas. Je ne savais pas comment vaincre l’ours noir, mais, il y avait une force en moi que Harry, je pense, n’avait pas. À un moment, j’ai levé la tête pour regarder la tête de Guillaume. C’est à ce moment, que, Harry, donna un coup d’épée de toutes ses forces et me blessa à l’épaule gauche. Le sang giclait. Une sensation horrible me fit tressaillir : comme si j’avais perdu mon bras, mais il était là (mon bras), bien présent. Avec toute la rage du monde, une force inimaginable, je lui ai frappé son mollet et y fis une profonde entaille qui ne guérirait pas si vite. Le sang coulait maintenant à flot, d’un coté, comme de l’autre. Mais, Harry n’abandonnait pas. D’un coup d’épée bien placé, il me désarma. c’est à ce moment que Guillaume intervint. Il décocha une flèche entre Harry et moi. Nous fûmes tout deux très surpris : moi, pour cette aide inattendue et lui parce qu’il croyait que je l’avais trahi et que je voulais prendre possession de son fief. Guillaume arriva sur le champ de bataille et dit :
“N’avez-vous pas honte de vous battre, cela ne servirait à rien de faire la guerre. Faisons un accord, Harry, nous arrêterons toutes sortes de batailles contre toi si tu nous livres la princesse.
-Jamais, jamais je ne vous donnerai la princesse, par contre vous avez quand même un peu raison sur certains points.” répliqua Harry et il hurla :
“Libérez tous les prisonniers, c’est un ordre !”

J’étais maintenant libre et, comme j’avais eu le temps d’étudier un peu le château de l’ours noir, je savais où se trouvait la princesse : il y avait une sorte de tour cachée derrière les rochers et la princesse était dedans.

Un mois plus tard, en janvier, je décidai d’aller de nouveau combattre Harry et de délivrer la princesse.

Je suis parti avec Guillaume et Brocéliande. Nous allâmes à la tour du château où je savais que la princesse était enfermée. Il n’y avait âmes qui vivent.

Mais là, je vis Harry qui s’était transformé en dragon (et je le dis au sens propre du terme, comme au figuré), je devait le combattre. Lorsque je vis la princesse Hélène à la fenêtre, mon coeur bondit de joie. J’ai transformé cette joie en rage pour vaincre ce dragon (se prénommant Ténèbreux  et étant la métamorphose de Harry). Je voulais absolument triompher sans l’aide de Guillaume, en gage de l’amour que je portais à Hélène.
Ténébreux n’avait pas d’arme, celà ne lui était pas utile, il combattait “aux flammes, aux griffes et au venin”.

Je commençais l’attaque. en moi-même, j’avais l’impression que l’épée se battait toute seule. Et si Guillaume l’avait ensorcelée pour qu’elle se batte à ma place ?
Le dragon projetait des flammes et du venin.  Il essayait aussi de me griffer. J’esquivais tout ses projectiles et ses coups. Je contre-attaquais avec un coup d’épée bien placé et réussis à lui couper un pied. Il hurla et avait tellement mal qu’il décida de me donner la princesse, si je le lui laissai la vie sauve.

Quelques jours plus tard, de retour au domaine de Palamède, Hélène et moi nous nous sommes mariés.

On n’entendit plus jamais parler de Harry.

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